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L'HISTOIRE D'UNE NATION CREOLE

Lorsque les Portugais découvrent la Réunion au début du XVIème siècle, l'île est encore un territoire à la végétation dense, sans aucune trace d'occupation humaine. Ils s'en désintéressent alors très vite et les Français en prennent possession en 1642. Ils la baptisent l'île Bourbon, en hommage à la dynastie qui régnait en France à l'époque. Son histoire va alors se confondre avec celle de la Compagnie des Indes Orientales. A partir de 1715, elle connaît un développement économique prospère grâce à la culture du café. Mais suite à de graves catastrophes climatiques, la culture de la canne à sucre supplante progressivement celle des grains noirs au début du XXème siècle. La première Guerre Mondiale donnera un coup d'arrêt à cette production, notamment à cause de la terrible épidémie de grippe espagnole qui causera des ravages dans la population. La fin de la seconde Guerre Mondiale marque le début d'une période de renaissance. En 1946, l'île devient un département d'Outre Mer, mais il faudra attendre les années 60 pour atteindre un niveau de développement économique et social semblable à celui de la Métropole.


UNE POPULATION METISSEE
On raconte que les premiers habitants de la Réunion étaient des pirates, venus prendre leur retraite sur cette terre idyllique et isolée. Mais en réalité, ce sont douze mutins chassés de Madagascar qui y furent envoyés en punition et devinrent les premiers insulaires. Les colons français ne s'y établissent qu'en 1665 et font venir de nombreux esclaves d’Afrique et de Madagascar pour cultiver le café. Leurs descendants sont aujourd'hui appelés les « cafres ». Avec l'abolition de l'esclavage en 1848, il faut trouver de nouveaux bras. Des Indiens venus de la région Tamil Nadu émigrent alors pour travailler dans les plantations. Il faut attendre les années 1875 pour que les premiers Chinois s'établissent en tant que commerçants. Ils sont rejoints au XXème siècle par les « z’arabes » (Indiens de confession musulmane) qui pratiquent le négoce. L'immigration la plus récente concerne les Comoriens et les Mahorais, venus des îles voisines. Enfin, les Métropolitains de la Réunion sont nommés « zoreils », qu'ils soient d'immigration récente ou non. Finalement, la Réunion n'a jamais aussi bien porté son nom qu'à travers sa population. Cette mixité historique, cette diversité ethnique est l'une des forces et des richesses de l'île. Ici, pas de tension entre les communautés. Chacun vit en parfaite harmonie avec son voisin, qu'il soit musulman, hindou, bouddhiste ou chrétien.


DES RELIGIONS FESTIVES

Qui dit brassage de population dit également multiplicité des religions : le catholicisme mais aussi l'hindouisme, le tamoul, l'islam et le bouddhisme. C'est à Saint-Denis qu'on aura le plus bel aperçu des temples religieux. Le temple tamoul typique détonne dans la rue avec ses statuettes très colorées et sa forme pyramidale. La mosquée Noor-E-Islam, qui borde une rue piétonne est la plus ancienne de tous les départements français. La façade blanche et classique de la cathédrale domine une charmante place arborée. Enfin, une visite au temple chinois est une réelle immersion dans cette culture lointaine. Les nombreuses fêtes religieuses sont des moments partagées par tous, croyants ou non. Ainsi, la marche sur le feu ou la fête des lumières (Dipavali) des Hindous, le Nouvel An chinois et ses pétards et le Nouvel An musulman sont des moments de grande célébration inter-communautés.

SUR DES RYTHMES ENDIABLES
Le Maloya est une complainte née de la souffrance des esclaves qui travaillaient dans les champs de canne à sucre. Le soir, après une dure journée de labeur, ils attrapaient tout ce qui leur tombait sous la main, tonneaux de bois, graines, bambous, arcs, afin de faire jaillir de leur cœur cette musique unique. Resté tabou pendant une longue période car il rappelait de sombres souvenirs, le Maloya est aujourd'hui reconnu au Patrimoine Mondial de l'Humanité. Parmi les groupes ou chanteurs les plus emblématiques, on peut citer, Danyèl Waro, Ziskakan, Baster ou encore Ousanousava.
Seconde musique typique du pays, le séga, d'une harmonie plus festive, est jouée sur un rythme créole. Les sujets des paroles des chansons sont plus futiles, vantant par exemple les mérites du rougail saucisses.

UN ARTISANAT REPUTE
La Réunion possède un artisanat local de qualité. A Cilaos, les religieuses réalisent des broderies réputées depuis le début du XXème siècle. La commune abrite encore une dizaine de brodeurs ainsi qu'une école spécialisée. On peut acheter de superbes napperons et nappes pour décorer sa table comme dans une case traditionnelle.
Le village de l'Entre-Deux est connu pour ses articles tressés en fibre de choka. Les artisans de Saint-Philippe et Saint-André réalisent quant à eux des nattes et paniers en feuilles de vacoa. Enfin, Saint-André produit également des tapis en patchwork appelés tapis mendiants.

LES PLAISIRS GOURMANDS
Nourrie d'influences européennes, africaines, malgaches et asiatiques, la gastronomie réunionnaise est un véritable festival de couleurs et de saveurs. Une cuisine métissée à l’image de sa culture et de sa population.
L'incontournable plat réunionnais est sans conteste le cari et il existe autant de recettes de caris que de cuisiniers ! Certains ingrédients restent cependant immuables, comme la viande ou le poisson. On accompagne le tout de riz et grains en sauces, qui peuvent être des lentilles, des gros pois ou des haricots rouges, sans oublier le fameux piment, servi dans des petits pots à part. Papilles sensibles s'abstenir !
Autre plat très apprécié, la salade de palmiste frais, qui n'a rien à voir avec les cœurs de palmiers industriels.
A goûter également, le célèbre chou-chou servie sous toutes ses formes : en gratin, en salade ou sauté.
Étonnamment, on peut aussi trouver un produit comme le foie gras de canard. On compte une quarantaine de petits producteurs qui vendent leurs terrines et autres pâtés sur les marchés artisanaux.
Côté breuvage, la Réunion produit du vin dans le cirque de Cilaos. Autrefois de qualité discutable, il avait la réputation de rendre fou. Mais il a su gagner ses lettres de noblesse et apparaît aujourd'hui à la carte des meilleurs restaurants.
Un repas local ne serait pas vraiment créole s’il ne se terminait pas par un petit verre de rhum. Souvent arrangé, c’est-à-dire macéré avec des fruits locaux, il est incontournable de la culture réunionnaise. Une expérience qui chauffe les papilles et dont on se souviendra longtemps. Pour découvrir l'histoire de cet alcool, direction Saint-Pierre où la plus ancienne distillerie familiale encore en activité, la Saga du Rhum, décrit les traditionnelles méthodes de production.
Enfin pour terminer le repas plus en douceur, certains préféreront boire un café. Là encore, la Réunion offre ce qu’il y a de meilleur, son petit noir local possédant une réputation mondiale. Cultivé depuis le XVIIIème siècle, le café Bourbon, fort prisé dans les cours européennes, a fait la richesse des planteurs locaux. Rapidement concurrencé par d'autres pays moins chers, il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus raffinés du monde et séduit les consommateurs japonais.
Autre découverte gastronomique, la canne à sucre. Activité agricole traditionnelle très répandue autrefois, il ne reste que deux usines sur place. On peut découvrir les secrets du processus de transformation de ce végétal dans la sucrerie du Gol de Saint-Louis ou au Far Far de Bezaves à Saint-Joseph.

 

UNE FAUNE ENDEMIQUE EXTRAORDINAIRE
Aucun animal venimeux ou dangereux ne viendra perturber les visiteurs de l'île. Au contraire même, il faut être attentif pour apercevoir la faune locale. Dans les Hauts, « tuit-tuit », « zoizo blanc » et « zoizo la vierge » animent de leurs chants la vie forestière. Sur les arbres, les petits geckos verts de Manapany s'enfuiront à votre approche. En levant les yeux, on peut aussi admirer le majestueux papangue, rapace endémique autrefois chassé et désormais protégé. Ou encore, le discret petit tangue, un genre de hérisson sans épine, également protégé.